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L’Orchidée occupe comme la rose, une place privilégiée dans les relations que les hommes entretiennent avec les fleurs. Vénérée en Extrême Orient dès le IIème millénaire avant notre ère, investie dans l’Antiquité et au moyen Age de vertus médicinales, l’Orchidée arriva en Europe au XVIème siècle, dans les bagages des grands navigateurs qui découvraient alors les zones tropicales.

Les Orchidées constituent l’une des familles les plus nombreuses du règne végétal. Leurs couleurs et leurs ports sont extrêmement diverses. Elles se distinguent des autres plantes par leur structure florale et leur étroite dépendance par rapport aux insectes et à certains champignons.

DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE

Les Orchidées à Madagascar sont présentes dans tous les types de végétation. Dans les forêts humides orientales de basse et moyenne altitudes en majorité, mais aussi dans dans les forêts sèches, les savanes et les marécages. Le milieu le plus riche serait l’ensemble des montagnes d’altitude supérieure à 800 m : les secteurs de Tsaratanana, Marojejy, Ankaratra, Andringitra et Andohahela.Les Orchidées sont partout, hormis les régions polaires. Les régions les mieux pourvues sont l’Asie avec ses prolongements insulaires et l’Amérique. Cependant, il existe de nombreux territoires privilégiés, tel Madagascar, où les plantes se sont diversifiées. Bon nombre d’orchidées occupent des aires très restreintes. Il en est d’autres qui sont au contraire très dispersées. La vanille, par exemple, est présente à la fois en Amérique, en Afrique, à Madagascar, aux Comores et en Polynésie. On la rencontre au bas niveau de la mer comme dans les montagnes élevées poussant sous différents climats.

Dans l’ensemble de la flore malgache, la famille des Orchidées est celle qui compte de plus grand nombre d’espèces, entre 800 et 850 au minimum. Elles se répartissent en 55 genres dont une quinzaine est endémique ou a quelques espèces représentées dans les îles voisines (les Mascareignes et les Comores). Certains genres comptent plus d’une centaines d’espèces, comme Bulbophyllum  : plus de 150, Angroecum  : environ 130, Cynorkis, une centaine d’espèces. Peu d’espèces ont des fleurs grandes et spéctaculaires.

Les genres les mieux représetés en termes de peuplement sont Bulbophyllum, Angraecum, Jumellea et Polystachya. Le genre endémique Eulophiella est représenté seulement par 3 espèces epiphytes de la forêt orientale. La grande majorité des orchidées terrestres sont les Benthamia, Habenacia, Cynorkis et Calanthe.

On trouve également :
– des espèces terrestres avec des tubercules racinaires (les Cynorkis, par exemple, qui apparaissent et fleurissent pendant la saison des pluies)
– des épiphytes : les Bulbophyllum  fixées sur les arbustes,
– des espèces qui s’installent sur la roche même ou en bordure (lithophytes) et qui vivent essentiellement grâce à des racines aériennes : des Angraecum, en particulier Angraecum sororium avec ses grandes fleurs blanc crème et munies d’un éperon très long; des Sobennikoffia surtout le Sobennikoffia humbertiana, très décoratifs avec ses longues rampes florales.

Des Jumellea densefoliata, des Angraecum sororium, des Aerangis cryptodon se trouvent particulièrement dans la forêt occidentale du domaine central sur la route d’Ambatofinandrahana, d’Ambalavao vers Isalo. Les orchidées font entièrement défaut dans les forêts sèches de l’Ouest, à l’exception de quelques espèces comme l’Angraecum praestens, Gussonea sp.

QU’EST-CE QU’UNE ORCHIDEE ?

Des racines aériennes permettent aux épyphites de se fixer sur un végétal, l’utilisant comme support, sans toutefois le parasiter comme on le pensait autrefois. Les parties souterraines des orchidées terrestres se composent des racines et d’une tige ou d’un rhizome ou d’un tubercule permettant la croissance d’une nouvelle plante sans fécondation. Les racines sont des filaments cylindriques très rarement ramifiées, et sont situées au-dessus du tubercule. Le tubercule est un organe charnu donnant naissance à une plante qui va fleurir et fructifier. Parallèlement se développe un second tubercule qui remplacera le premier après la floraison. La plante mère y emmagasine la nourriture qui sera utilisée pour la croissance l’année suivante. Quand la plante ne possède pas de tubercules, elle peut avoir un rhizome. C’est une tige souterraine munie de racines adventives. Chaque année cette tige s’allonge tandis que, au fur et à mesure, ses portions les plus anciennes meurent. Le rhizome émet un bourgeon qui sortira de terre pour donner une pousse florifère. Les orchidées ont deux ports possibles : vertical ou horizontal. L’orchidée verticale ou monopodiale a une tige qui croît constamment. Les fleurs apparaissent entre les feuilles près du sommet de la plante, des racines aériennes poussent sur la partie inférieure de la tige. L’orchidée horizontale ou sympodiale produit de nouvelles pousses sur son rhizome, qui s’allonge d’un segment chaque année en formant une succession de tiges dressées épaissies appelés pseudo-bulbes. De chacun d’eux émergent les feuilles (une ou deux), puis la gaine protégeant les boutons à fleurs.

On parle de trilogie florale pour caractériser la structure des orchidées. Pour leurs fleurs, les sépales, les pétales, les étamines et les carpelles sont tous au nombre de trois. En outre, la vie de ces plantes est régie par l’association fleur-insecte-champignon.

La constitution des organes reproducteurs des orchidées est assez particulière. Les supports des organes mâles, au lieu de libérer le pollen, produisent des pollinies. Les appareils de reproduction mâle et femelle sont soudés, ce qui rend la fécondation difficile. La majorité des orchidées nécessite obligatoirement l’intervention d’un insecte (abeille, papillon) ou des hommes pour se reproduire.

Pour germer, la minuscule graine d’Orchidée dépourvue d’albumen a besoin de la présence d’un champignon. Celui-ci reste ensuite indispensable à la plante adulte. Il infeste seulement la zone périphérique de la racine de la plante. S’il pénètre plus avant, il est aussitôt détruit.

AVENIR DE LA PLANTE A MADAGASCAR

L’exploitation forestière pour la commercialisation des orchidées atteint actuellement un rythme inquiétant. Le risque de disparition de ces plantes croît chaque année. Les estimations prévoient qu’elles pourraient être anéanties d’ici vingt-cinq ans si les pratiques actuelles de pillage se perpétuent.

Des efforts sont néanmoins déployés pour protéger les richesses du pays.