BLANCHIMENT D'ARGENT
A MADAGASCAR!...

 

Comme rien en transpire sur les dossiers de kidnappings et d'attentas d'Indo-pakistanais, quelques diplomates craignent que ceux-ci ne soient liés à des actes de blanhiment d'argent. En effet, devant l'essor de certaines entreprises et l'extension de leurs activités, on ne peut s'empêcher de se poser des questions quantà l'origine subite des considérables capitaux investis.On ne peut accuser ces diplomates de très sérieux services de renseignements, tels la CIA et d'autres encore de plud grande réputation.

Nous avons déjà abordé, succintement, ce sujet dans les pages rouges de notre édition. Mais, lors de notre entretien avec l'Homme du mois de cette parution, en l'ocurrence le Contrôleur Général de Police (équivalent du grade de général dans l'Armée), Azaly Ben marofo, Secrétaire d'Etat à la Sécurité publique, nous avons pu l'évoquer ouvertement.

A notre question,à savoir que les kidnappings et attentats contrecertains Indo-pakisatanais seraient liés à des opérations de blachiment d'argent, il nous a répondu :"Là, vous touchez au vif du sujet. En 1987, à Dakar, j'ai pris part à une réunion internationale, organisée par les Nations Unies où l'on a évoqué justement ce problème de blanchiment d'argent. et, je suis en train d'y penser. Cela m'a intrigué depuis longtemps. Voyez la quantité du riz que l'on importe et qu'on vend à perte à 1 500 Fmg le kilogramme aux consommateurs, c'est-à-dire à moins de 2 FF. Or, en tapant sur l'internet, vous découvrez que sur le marché international, la tonne varie entre 180 à 200 dollars. C'est là que je demande la colaboration de tout le monde. Je ne suis pasxénophobe, mas je n'accepte pas que d'autres s'enricissent illégalement..."

Les importations du riz sont-elles donc une forme de blanchiment d'argent? A quoi ont servi, en effet, 272 989 tonnes de riz importées à Madagascar en 2000 et 133 477 tonnes en trois mois seulement de cette année 2001 (soit à ce rythme, à plus de 40 000 tonnes jusqu'à la fin de l'année), quand nos paysans, eux-mêmes, ne peuvent vendre leur production à leur prix?

Dans un gros rapport intitulé "International Crime Threat Asessment" demandé par le Président des Etats-Unis, Bill Clinton, vers la fin de son mandat sur ma criminalité internationale, le blanchiment d'argent figure en tête du palmarès du crime international avant la corruption, en deuxième rang, et le trafic de drogue, en troisième rang. C'et dire, la gravité de la question.

A Madagascar, nous n'avons cependant ni législation, ni structure pour lutter contre cette criminalité. Ce qui pourrait faire de notre pays in paradis du blanchiment d'argent, et rendre sa situation encore plus dangereuse. Le blanchiment n'est pas une infraction comme les autres. Sa nature occulte rend malaisée sa reconnaissance par la Justice, notamment en l'abscence de victimes directes, donc de plaignants. Ainsi, les multiples ramifications des circuts financiers donnent rapidement à ces fonds de apparences de légalités. C'est ce qu'on peut déjà penser avec l'integration de riz.

Les experts du Groupe d'Acion Financière Internationale (GAFIà se sont attachés à décrire ces procédés. Ils ont ainsi établi une chronologie qui sert aujourd'hui de référence. Le processus se décompose en troris phases : le placement, puis l'empilage, enfin l'intégration. Il fait souvent appel à des système financiers dans des centres installées à l'étranger.

le placement est le fait de se débarrasser matériellement d'importantes sommes encombrantes en numéraires. Ce sont banques et toutes les autres institutions de dépôt qui constituent le principaux agents de la transmission des fonds.

l'empilage, lui, interdit toute possibilité de remonter à l'origine des produits illicites et ce grâce à un système complexe de transactions financières successives qui est destiné à travestir la trace comptable de ces profits. Les fonds sont éclatés, répartis sur de nombreux comptes, puis éventuellement regroupés sur un certain nombre de banques avant d'être utilisés en toute liberté.

Enfin, l'intégration permet d'habiller de légalité l'argent blanchi en fournissant une justification irréfutable de la provenance des capitaux. Ils réintègrent le système bancaire en apparaissant comme ls profits normaux d'une affaire commerciale. Le général Azaly Ben Marofo pense dons à ce blanchiment d'argent. Selon lui, la rande préoccupation du gouvernement est de pondre un texte. A l'instar des pays en pointe dans la lutte contre cette criminalité cela doit porter sur le plan administratif, judiciaire et policier.

Georges Ranaivosoa



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