AU NOM DE LA DEMOCRATIE

 

" Lorsque, dans la République, le peuple en corps a la souveraine puissance, c 'est, en effet, une démocratie" , selon Montesquieu . Ce qui fut le cas lors de la présidentielle de 2001, lorsque l 'ensemble des Malgaches se sont mobilisés et ont lutté, parfois au péril de leur vie, pour que leur choix soit respecté.
Un acquis que la Grande Ile doit préserver. Par le comportement de quelques politiciens, cette démocratie est aujourd'hui en péril si l 'on ne se ressaisit pas à temps . Les attitudes visiblement hostiles à toutes formes de concurrence inquiètent. Des voix se sont élevées à l 'issue des élections législatives pour dénoncer les coups bas de certains membres du parti du nouveau régime, Tiako i Madagascar ( Tim ) à l ' endroit des formations politiques qui ont osé se mesurer à eux, au nom de la démocratie. Une fois les nouveau membres de l'Assemblée Nationale connus, la dissension entre le présidentiel et ses alliés du Firaisankinam-pirenena ont éclaté au grand jour, avec la mainmise de ce premier sur la désignation de tous les prétendants aux sièges du bureau permanent. Quelques jours plus tard, l 'éviction du Président de la délégation spéciale de Fianarantsoa, Pety Rakotoniaina un leader charismatique du mouvement qui a propulsé Marc Ravalomanana à la tête du pays a défrayé la chronique . Des cas , parmi tant d ' autres, illustrant la tentative des dirigeants d 'écarter du pouvoir tous ceux qui n 'ont pas la même couleur politique qu 'eux. Comme si on se retrouvait des décennies en arrière avec les pratiques "revolutionnaires et socialistes" de la seconde République. On reproche à Pety Rakotoniaina son appartenance au Mfm, un parti pourtant allié du Tim, lors des mouvements populaires. Et le pluralisme dans tout cela ?
La liberté d 'opinion est, par ailleurs, un autre point auquel on doit accorder une attention particulère avec la tendance des tenants du pouvoir de vouloir museler les opposants. Nous n 'en sommes pas encore là, mais on sent le vent venir.

LIBERTE D'OPINION

Les critiques sont très mal tolérées, les parties d'opposition obtiennent rarement une autorisation pour leur meeting public. Pire encore, certains journalistes sont empêchés de faire correctement leur tâche, même si, heureusement, la censure n' est plus officielle. La réunion, mi-février à Antsirabe, de toutes les parties prenantes dans le monde de la communication malgache, en général, et celui de la presse en particulier, a permis aux professionnels d'émettre leurs suggestions sur la prochaine loi devant régir la communication. Esperons, toutefois, que toutes les idées évoquées soient prises en compte afin de garantir la liberté d 'expression dont la presse est le premier outil. Sous d' autres latitudes, les journalistes détiennent, dit-on, le quatrième pouvoir.
Enfin et nom des moindres, la laïcité de l'Etat est un principe sacro saint . Bien que reconnue expressément par la Constitution, elle est de moins en moins prise en compte. Parce que nos dirigeants sont des croyants et, par dessus tout, chrétiens. Les libertés d ' opinion et d 'expression, de communication, de presse, d'association, de communication, de presse d' association, de réunion, de circulation, de conscience et de religion ne peuvent être foulée aux pieds. Au nom toujours de la démocratie .

 



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