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Maintenant,
on le sait. Il existe une fédération de la noblesse malgache,
régie par l'ordonnance 60-133 du 3 octobre 1960. Ce Fivondronamben'ny
vohitr'Andriana, a choisi comme jour de... gloire, la date
du 30 septembre, le jour où Ranavalona III hissa le drapeau
blanc du haut de son palais de Manjakamiadana, en signe
de reddition, après les premiers coups de semonce tirés
par le général Duchesne des hauteurs d'Andrainarivo...
Bizarre que le choix de cette date... Nulle part au monde,
un pays ne tire gloire d'une défaite et encore moins d'un
sombre événement! Paris nous rappelle la victoire d'Austerlitz
en batisant une place, une gare et une rue du nom de ce
grand fait d'armes de Napoléon. Et, s'il est van de chercher
une place, une gare ou une rue portant le nom de Waterloo,
quelque part en France, par contre, ce sera sans la moindre
difficulté de les trouver à... Londres! Mieux, non seulement
les Anglais ont leur gare de Waterloo, mais ils ont aussi
orné leur capitale d'une statue équestre, de Wellington
bien sûr, le tombeur du turbulent empereur français à la
bataille de... Waterloo, en 1815! Et il ne faut surtout
pas compter sur les Anglais pour ériger une statue, fut-elle...
impériale, de Napoléon Bonaparte, quelque part sur le sol
du saint empire britannique!
Indépendamment de cette maladresse vraiment grotesque, pour
ne pas dire, de cette injure à l'histoire, on notera par
ailleurs, cette résurgence et surtout cette volonté d'un
raffermissement identitaire chez les uns et les autres.
Il n'est pas question de faire un mauvais procès à qui que
ce soit, mais simplement de constater un fait. Si les Andriana,
notamment depuis la chute de la Première République, clament
haut et fort leurs origines aristocratiques, ce n'est certainement
pas sans raison. C'est là, indubitablement, une réaction
à un long silence dans lequel les Andriana se sont reclus
après l'abolition de la monarchie par un simple décret du
général Galliéni!
Mais si les Adriana sont ainsi arrivés à retrouver une petite
part de leur... noblesse au sein de la société malgache,
qui vit depuis à l'ère de la république et à l'heure de
la démocratie, voilà que les Mainty, en réponse peut-être
à ce mouvement des Andriana, se piquent à leur tour, également
d'une crise identitaire! Bemiranga par ci, Kamara par là,
représentent les premières tentatives de regroupement au
sein de cette caste où il faut chercher les voix des membres
des couches populaires, pour faire le plein des urnes! Mais
au-delà de cette velléité de récupération politique d'un
clientélisme électoral évident, il faudrait aussi chercher
à comprendre ce nouveau phénomène de société, pour ne pas
dire, cette nouvelle mode forcément grégaire quelque part...
Au
train où vont les choses, il ne faudrait plus s'étonner
si un jour, les Hova, pourtant de nature réservés, s'y mettent
aussi, bien qu'il soit difficile de le croire. Ils donnent,
en effet, l'impression de savoir ce qu'ils sont, de ne pas
douter de leur identité et surtout, d'être pleinement conscients
de ce qu'ils ont toujours été dans la société Merina et
l'histoire du pays. On est tenté d'emprunter à Régis Rajemisa
Raolison, cette réflexion sur les Hova pour mieux connaître
et mieux comprendre cette caste: "Moins orgueilleux que
les Andriana et moins vaniteux que les Andevo, ils sont
les plus ambitieux qu'aucun d'entre eux..." "Ils ont le
talent inné de l'administration et de l'organisation, une
certaine habilité ou souplesse qui leur permet de se tire
facilement d'affaire, de réussir dans leurs entreprises..."
"Tout cela explique pourquoi ils ont été un soutien sûr
des Andriana dans le gouvernement du royaume, au point de
parvenir même à usurper leurs royaux pouvoirs..." Si c'est
ainsi que les Merina peuvent retrouver leur unité, grand
bien leur fasse! Mais, de grâce que cela ne justifie pas
une interprétation carnavalesque de l'authenticité identaire...
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