DU POLITIQUEMENT INCORRECT AU ELECTORALEMENT CORRECT

 

Campagne ou pas, élection ou non, mais opportunisme oblige, voilà que les uns adorent ce qu'ils ont brûlé hier, et que les autres croient venu le moment de brûler ce qu'ils ont adoré auparavant! Ainsi, bien des partis, ou mieux des... particules, sont sortis de leur torpeur, pour affirmer leur soutien à tel candidat ou leur engagement auprès de tel autre. En rompant de telle sorte le silence dans lequel ces formations ont fini par s'assoupir, les unes et les autres, en vérité, ont tout simplement été réveillées par l'esprit courtisan qui sommeillait en elles, ou plutôt, en chacun de leurs dirigeants. Partisans calculateurs au départ, courtisans intéressés à l'arrivée, grands intrigants devant l'Eternel par ailleurs, la gesticulation de circonstance constitue la manifestation essentielle de ces politiciens qui ne représentent finalement qu'eux mêmes ...

BOMBER LE TORSE

Les candidats qui bénéficient de ces soutiens, savent du reste à quoi s'en tenir. Nullement dupes de la situation, ils jouent le jeu en connaissance de cause sachant pertinemment ce que valent ces engagements. Mais psychologiquement, il vaut mieux évidemment recevoir un appui que d'affronter un désaveu. C'est de bonne guerre, quand bien même, ce ne serait pas forcément d'une grande élégance morale ou d'une extrême correction politique...
Combien de voix pourraient apporter ces partis sans la moindre audience? La vraie question est là. Car faut-il le rappeler, la plupart pour ne pas dire la totalité de ces formations promptes à s'engager ici ou à se positionner là, ne sont créditées d'aucune représentation institutionnelle, attribuée à une performance électorale. Il est clair que ces soutiens douteux sont avant tout intéressés. En cas de victoire de leur "poulain", ils ne se contenteront pas de bomber la torse, mais revendiqueront sans tarder leur part. Pour eux, il ne fera pas l'ombre d'un doute qu'ils étaient pour beaucoup dans ce succè
s.

GENERATION SPONTANEE

Au fait qui sont-ils? Il n'est pas besoin d'être grand clerc, pour les reconnaître. La liberté politique retrouvée en 1989, ils sont arrivés en masse dans une arène trop longtemps monopolisée par un front qui avait vocation à défendre une révolution qui manifestait les premiers signes d'essoufflement, et que même ses propres tenants, commençaient à abandonner: Comme il est plus aisé d'être contre quelqu'un que de bâtir quelque chose, leur discours se résumait à descendre en flammes un régime en accusant son fondateur de tous les maux.
Une centaine de partis politiques sont nés de cette génération spontanée. Mais moins d'une dizaine d'entre eux se sont hasardés à affronter les électeurs, une fois le moment venu de se présenter au verdict des urnes. Pourquoi? Encore une fois, il n'est pas nécessaire d'être un voyant extralucide pour comprendre cette défection massive des soi-disant partis n'ayant aucune audience. Une élection leur offre l'occasion de brandir un "récépissé" qui leur donne une existence légale. Mais la politique réclame forcément plus. Et, le soutien de partis dépourvus de base, n'apportera pas grand chose dans les urnes, en terme de comptabilité électorale. A l'heure des bilans toutefois, gageons qu'ils s'octroient un généreux crédit. Opportunisme oblige, élection ou pas, campagne ou non!

Georges Ranaivosoa



Premier newsmagazine de Madagascar.
Fondé en Septembre 1980.

Edité par

COMMUNICATION ET MEDIAS OCEAN INDIEN -
CEMOI S.A
Société Anonyme au Capital de 50 000 000 Fmg
Immeuble Madprint - Rue H. RABESAHALA - Antsakaviro-
ANTANANARIVO - MADAGASCAR
Boîte Postale 46 - Téléphone (L.G.) 22 225 36
Télécopie 22 345 34
E-mail : roi@dts.mg

Hit-Parade

Design & Réalisation :  Agence MAK