Réputée pour ses produits artisanaux, Ambositra est également une région riche en histoire. Les souverains de la dynastie des Mpanalina se sont succédés dans cette région de la Manie devenue aujourd'hui un endroit où cohabitent pacifiquement les Betsileo, Merina, Bara et Tanala. Situé à 5 km à l'Ouest de l'actuelle ville et trônant majestueusement sur une altitude de 1865 m, le palais d'Ambositra est un des sites touristiques les plus importants. En réalité, il s'agit d'une fidèle reconstitution du vrai "Rova" détruit par Radama I en 1811.


Entourée de fossés circulaires, l'enceinte du palais comporte le "Tranovola" (la maison du roi), la case des "Tandapa" (conseillers du souverain), deux tombeaux royaux et le "Kianja" un espace où l'on organisait les réunions populaires.
Cette colline doit son nom, "Ambositra Tompon'anarana" (Ambositra, propriétaire du nom) au souverain Mpanalina II qui s'y installa, pour la première fois, au XVIIIème siècle.

La tradition orale raconte que du haut de la montagne d'Andraimbe (à l'Est de l'actuelle ville), ce souverain apercevait du feu dans cette partie de sa terre et y envoyait des hommes pour faire la reconnaissance. Effrayés, ces derniers hésitaient par deux fois avant d'obéir à ses ordres, puisqu'ils pensaient que seuls les mauvais esprits pouvaient produire ce genre de flamme à cet endroit isolé. Mais une fois arrivé sur les lieux, le peloton de reconnaissance était plutôt surpris. Il ne s'agissait que des troupeaux de zébus castrés volés dans les pays Bara et Betsileo des alentours et que les "dahalo" de l'époque avaient acheminés vers cette montagne. Tenu au courant de cette nouvelle, Mpanalina II avait aussitôt affirmé son droit de propriété à tous les bœufs castrés (omby vositra) qui s'y trouvaient. Cette présence massive de "vositra" a été à l'origine du nom Ambohibositra (village des bœufs castrés) qui deviendra, plus tard, Ambositra.

Plusieurs versions sont racontées concernant la construction du rova. Le caractère autoritaire du roi Mpanalina a largement facilité l'aménagement de ce site. Il a fait appel à tous les "foko" (ethnies) des villages avoisinants pour effectuer les grands travaux qui consistaient à canaliser l'eau du haut de la montagne d'Andraintera (plus à l'Ouest) vers Ambositra pour faciliter le creusement des fossés circulaires.

  

  VINANY, LA COLLINE D'AMBOSITRA

Au début du XIXème siècle, alors que le roi Mpanalina qui était au trône refusait la proposition d'alliance d'Andrianampoinimerina, Radama I décidait de conquérir la région par les armes.

En 1811, ce dernier passait d'abord par Sandrandahy avant d'atteindre Ambositra et au moment où il attaquait, Mpanalina jouait, comme à l'accoutumée, au "Fanorona". Mais constatant l'avancée des hommes de Radama, le souverain d'Ambositra a ouvert le feu sur Ilaidama. Il a atteint le courtisan qui portait le parasol royal. Surpris, Radama a aussitôt répliqué et a touché Mpanalina en plein coeur, et c'était la débâcle pour les Tambositra tandis que l'armée merina détruisait le palais.

La reconstitution du Rova n'a été effective que durant la Deuxième République. L'actuelle ville d'Ambositra se trouve sur une colline, jadis couverte de forêts, qui portait le nom de Vinany.

Vinany (prédiction) vient de la prophétie de Mpanalina. Du haut d'Andraimbe, il regardait vers la forêt et prédisait que cet endroit sera plus tard peuplé. C'est aujourd'hui chose faite.

En effet, ceux qui se sont enfuis d'Ambositra durant l'attaque de Radama ont élu domicile dans cette localité. Mais Vinany est aussi synonyme de la convergence de plusieurs cours d'eaux. Ce qui peut, également, être une explication de son nom d'origine.

Les deux tombeaux royaux ont également leur histoire. D'aucuns s'interrogent sur la raison de la présence, au même endroit, de deux caveaux appartenant tous deux à la dynastie des Mpanalina. En réalité, le deuxième tombeau a été construit beaucoup plus tard. Suite à une attaque dans la région de l'Isandra pour étendre son royaume, l'un des Souverains, Mpanalina, devait y trouver la mort à cause de la trahison de ses hommes de confiance.

Et comme la tradition veut qu'un roi soit enterré avec quelques-uns de ses sujets qui se portent volontaires pour être son "lafika", Raramonja et Raratsinainga - deux serviteurs fidèles - ont accepté ce devoir. Lors du transfert des restes de ces trois hommes, à Ambositra, on a cru bon de construire une autre tombe pour éviter que les ossements des nobles ne se mélangent pas avec ceux des sujets .



 Marc Rakotomalala 

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