Conscient des problèmes de dégradation accrue de lenvironnement et la perte de
biodiversité liée à la situation économique et la pauvreté, le gouvernement de
Madagascar a élaboré son Plan National dAction Environnemental (PNAE), en 1989,
avec lappui de la Banque Mondiale, des agences internationales et
dorganisations non gouvernementales. La Charte de lEnvironnement adoptée sous
forme de loi dEtat, la loi 90-033 qui constitue le cadre général dexécution
de la Politique Nationale de lEnvironnement et comporte les objectifs visés, la
stratégie à mettre en oeuvre et les trois Programmes Environnementaux quinquennaux à
réaliser sur 15 ans. Ces différentes dispositions institutionnelles expriment clairement
le lien entre la protection de lenvironnement et le développement économique du
pays. Et le fait de renverser la " spirale de dégradation " de
lenvironnement devrait bénéficier principalement aux populations les plus
démunies tout en préservant lexceptionnelle richesse en Biodiversité.
. Le Plan d'Action Environnemental
-
La tendance générale de la
conception et de lexécution de la première phase du PNAE (1991-1996) était
dintégrer toutes les activités prioritaires ayant trait à lenvironnement
dans un seul et même programme. Dans son exécution, la phase 1 est composée de
plusieurs volets qui correspondent à des besoins dasseoir le cadre institutionnel,
lapproche méthodologique, procédurielle, financière et technique. Les problèmes
durgence ont été par ailleurs priorisés, à travers les diverses interventions
des agences dexécution du programme.
- La réalisation du Programme Environnemental II (PE2) à partir de 1997 intervient dans un
contexte de décentralisation et dautonomie des provinces, la stratégie de gestion
de lenvironnement et des ressources naturelles est basée sur le développement
dune approche régionale et locale de la conservation et de lutilisation de la
Biodiversité et des autres ressources naturelles. Une plus grande opérationnalisation et
une plus grande implication avec les acteurs devront permettre, à la fin de cette phase
davoir plus dimpact sur le terrain. Parallèlement, les actions concrètes
sont accompagnées par la conception des outils et de mesures indispensables à une bonne
gestion de lenvironnement.
Lapproche programme du Plan dAction Environnemental, doit se faire en
synergie avec les efforts de développement des zones rurales et des activités des pôles
de croissance régionaux. Le principe de la conservation / développement se concrétise
par des actions qui ont des impacts palpables liés à la réduction de la pression anthropique sur lenvironnement,
les ressources naturelles. La conservation et la gestion durable des ressources de la
Biodiversité ne sont plus considérées comme une composante en soi, elles font partie
intégrante du développement.
Dans la pratique, tout ceci implique une participation active et une
responsabilisation réelle des acteurs locaux.
- Le Programme Environnemental III (PE3),
à partir de 2002, devrait se traduire par la prise en mains par les différents acteurs
des procédures et de la gestion même de lenvironnement.
. La gestion durable de la Biodiversité
Dans la première phase du Plan dAction Environnementale, en réponse à la
déforestation et la perte de la biodiversité, la composante " Biodiversité "
traitait plus particulièrement le côté « protection » et sa gestion à
travers la création des Aires Protégées, et en liaison avec un développement intégré
de leurs zones périphériques.
Dans la deuxième phase dexécution du PNAE (1997-2001), outre lobjectif
initial de renverser la tendance à la dégradation de lenvironnement,
lutilisation durable des ressources naturelles, ainsi que la création de toutes les
conditions nécessaires pour que les considérations environnementales fassent partie
intégrante de la gestion macro-économique et sectorielle du pays, se sont avérés être
des objectifs tout aussi prioritaires.
Lors de la préparation du PE II en 1994 et 1995, Madagascar avait adopté, avec
lappui du Fonds pour lEnvironnement Mondial (FEM), du Programme des Nations
Unies pour le Développement et de Conservation International, un Processus participatif de définition des options et
des priorités en matière de conservation de la Biodiversité. Les résultats de ce
processus, tenant compte des conclusions scientifiques des experts nationaux et
internationaux confrontées aux priorités des acteurs et utilisateurs locaux des
ressources de la Biodiversité, devaient, par la suite, déboucher sur la formulation de
plusieurs programmes et activités liées aux problèmes de la Biodiversité qui sont
actuellement soutenues par le FEM.
Actuellement dans sa deuxième phase, plusieurs composantes du Plan dAction
Environnemental sattellent à la gestion des ressources de la Biodiversité, à
travers des objectifs spécifiques :
- La Composante Aire Protégée gérée par
lANGAP (Association Nationale de Gestion des Aires Protégées) et lélaboration de la Stratégie de gestion
à travers la mise en place dun réseau national intégrant les différents types
décosystèmes, dans ses orientations les plus récentes ;
- La composante Environnement Marin et Côtier, avec
la conception et la mise en uvre de la Politique de Gestion Intégrée de la zone
côtière ;
- Les Ecosystèmes Forestiers à Usage Multiple
(ESFUM), programme soutenu par ses services décentralisés et déconcentrés, avec ses
finalités liées à la maintenance des prestations économiques, écologiques et sociales
des ressources forestières ;
- La Gestion Locale Sécurisée (GELOSE), avec le
transfert aux communautés locales de la
gestion des Ressources Naturelles
Renouvelables de leur terroir, la sécurisation Foncière, limitée à un inventaire
foncier basé sur la constatation et un levé simplifié consensuel et transparent
accompagné dun état parcellaire sous le contrôle de la Cellule de Pilotage
Foncier ;
- LAppui à la Gestion Régionalisée du PAE et à
lApproche Spatiale (AGERAS) et sa contribution à travers des stratégies
concertées de Gestion Durable des Ressources Naturelles et Humaines par
lintégration spatiale, dans les stratégies concertées, des efforts de
développement.
- Le programme de Recherche Environnementale et
Valorisation Durable de la Biodiversité, avec notamment, vise à faire de la
recherche appliquée, un outil conséquent pour une valorisation durable des ressources
naturelles. Il a également comme objectif de créer un cadre de protection des droits
daccès à ces ressources, en vue de répondre aux objectifs de la Convention sur la
Diversité Biologique, à travers la coordination technique des activités
délaboration de la Stratégie Nationale de la Biodiversité et la création des
mesures daccompagnement de la valorisation économique des ressources naturelles.
- Par ailleurs, il y a
également, les composantes dites « dappui et / ou stratégiques » qui
contribuent aux objectifs de la gestion durable de cette diversité
biologique :
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. Les
différentes politiques de la composante « Politiques,
stratégies et instruments / MECIE - Procédures et Législations Environnementales
traduites par le texte sur la Mise en Compatibilité des Investissements avec
lEnvironnement ou Etudes dImpacts Environnementaux ; ceci, dans un souci
dintégration des contraintes de gestion rationnelle de lenvironnement au sein
des activités de production en vue du développement durable ;
. Le
Système dInformation Environnementale, comme outil de prise de décision avec
les données quil fournit en amont de toute action et pour le suivi écologique de
la diversité biologique
. La
Formation et la sensibilisation qui sont des composantes déterminantes pour les
différentes actions à mettre en uvre, plus particulièrement dans ce contexte
dintégration de tous les acteurs. |
Dans la pratique, les
populations locales sont progressivement intégrées dans la définition,
lélaboration et la mise en uvre des politiques locales et régionale de
gestion.
Par ailleurs, parmi les acteurs qui sont amenés à jouer un rôle progressivement
important, les opérateurs privés contribuent à la réalisation des actions de
préservation / développement.
. La Politique forestière de 1997, adoptée par le Gouvernement
malgache, figure aussi parmi les grands acquis de la Stratégie Nationale de la Diversité
Biologique malgache.
Elle repose sur six principes de base, à savoir :
- La
conformité avec la politique de développement national,
-
La conservation des ressources
forestières par une gestion durable appropriée,
-
La limitation des risques
écologiques,
-
La contribution du secteur
forestier au développement économique,
-
La responsabilisation des
acteurs locaux à la gestion des ressources forestières,
-
Ladaptation des actions
forestières aux réalités du pays (utilisation optimale des moyens financiers et
humains).
Elle sarticule autour de quatre grandes orientations qui consistent à :
- Enrayer le processus de dégradation
forestière qui, compte tenu de son ampleur, constitue une menace pour la pérennité
du patrimoine forestier et biologique. Il sagit dans ce cadre de :
. Appuyer les
pratiques rurales de substitution,
. Contribuer à la maîtrise des feux de brousse,
. Préserver le patrimoine forestier et les grands équilibres écologiques;
- Mieux gérer les ressources forestières, en
recherchant, dans une optique de développement durable, la meilleure adéquation possible
entre les ressources et les besoins. Il sagit de :
. Mettre en uvre des
plans daménagement
des ressources
forestières,
. Gérer rationnellement
lexploitation des ressources forestières,
. Réorganiser le système de
recettes forestières et
instituer
le professionnalisme forestier ;
- Augmenter la superficie et le potentiel forestiers
pour que la forêt puisse mieux remplir sur le long terme ses fonctions économiques,
écologique et sociale. Les objectifs y afférents consistent à :
. Instaurer un environnement
favorable aux initiatives en matière de
reboisement, assurer la sécurité foncière aux
reboiseurs,
. Orienter les reboisements en
fonction des besoins régionaux
et locaux,
. Intensifier les actions
liées à laménagement des bassins versants ;
- Accroître la performance économique du secteur
forestier pour quil contribue davantage au développement économique du pays.
Les objectifs en sont de:
. Mieux valoriser les produits
de la forêt,
. Consolider les structures de
transformation,
. Améliorer le fonctionnement
des circuits de commercialisation,
. Développer
lécotourisme.
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Le programme valorisation durable de la
Biodiversité soutenu par le GEF/PNUD a pour objectifs de :
- Créer
des conditions viables pour une gestion durable des ressources naturelles,
- Mettre en
valeur la Biodiversité à des fins pharmaceutiques, agro- chimiques, alimentaires,
cosmétiques et autres,
- Rechercher des
moyens pour pouvoir pérenniser la valorisation, en assurant un partage équitable des
bénéfices recueillis.
Les actions quil faudrait prendre en compte pour cette valorisation durable
sont :
- Lintégration
des objectifs de conservation et dutilisation durable de la biodiversité dans les
plans de gestion de lutilisation des ressources et des sols ;
- La mise en place
de cadres réglementaires et de systèmes dincitation économiques ;
- La promotion de
laccès aux techniques de gestion et dutilisation durable des ressources, de
leur transfert et de la coopération visant leur mise au point conjointe ;
- La promotion de la
production et de lutilisation de produits naturels, tels que les produits
forestiers, autres que le bois, et les espèces sauvages ;
- Le développement
dun écotourisme viable (hors des Aires Protégées) avec des bénéfices partagés
avec les communautés locales ;
- La conception et
la concrétisation de formules de gestion durable des ressources reposant sur la participation des communautés
locales, des associations locales et dautres secteurs de la société ;
- Le développement
de Projets pilotes visant à fournir aux communautés de nouveaux moyens de subsistance
conforme aux objectifs de conservation et dutilisation durable de la diversité
biologique.
Les résultats de la valorisation durable de
cette biodiversité ne pourront être palpables devant lampleur de la tâche et la
complexité de la biodiversité, cest pour cela que les activités sont faites sur
la base de quelques espèces et filières bien ciblées doù la nécessité de la
catégorisation des filières.
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